A travers un texte qu'elle adresse à sa mère, une survivante de l'inceste interroge son parcours de femme et son cheminement vers une intégrité retrouvée. Sa parole entre en résonance avec les lieux et les gestes de sa vie quotidienne.

Through a letter to her mother, an incest survivor wonders about her journey as a woman and reminisces on her path towards recovering her integrity. Her words resonate with the spaces and gestures of everyday life.


Récits de tournage

http://helenablue.hautetfort.com/archive/2013/03/15/une-journee-pas-ordinaire.html
Extrait du blog d' Hélenablue

15/03/2013

une journée pas ordinaire

On en parle depuis, quoi, deux ou trois ans. Les projets fusent chaque fois que l'on se voit et puis finissent dans un tiroir. Bon, j'allais pas fort ce jour là, des vieilles remontées que je ne peux pas gérer tant elles me submergent, mais je m'y fais, on se fait au meilleur comme au pire, on se fait à la vie, on se façonne avec. Elle m'est rentré dedans avec ses mots et puis a débarqué, caméra au poing.
- Tu sais, je te vois en haut d'un terril!
- Un terril, t'es sûre?
- Ouais! Même que tu cries, que tu as les bras en croix, que t'es rageuse à mort!
- Ah! Oh! Ouch! Et je fais quoi au juste en plus d'éructer?
- Ben... tu ES!
- Ben, OK!

La journée, celle qui vient de se passer fut juste comme un rêve... Une séquence troublante et particulièrement émouvante avec ma tasse de thé, une autre, juste incroyable les deux mains dans la terre noire et une troisième séquence digne d'un Tarkovski en mode Anna près de Carvin dans le Pas de Calais où là, je suis montée, j'ai grimpé le bazar et j'ai hurlé au sommet comme je le faisais ado, tout ma rage d'enfant blessé. 

22:42 Publié dans Blog, écriture | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : écriture, blog, laure kalangel, film, partage, humain

Commentaires

Tout est dit.
Journée accomplie avec rires et stupefactions émotions et comme une belle parenthèse.
Les images vont se distiller dans le temps puis dans un.autre tempo puis prendront la vie a bras le corps. Comme par magie, vers vous autres.J ai adoré travailler essayer regarder avec toi, avec une bonne dose d insouciance de rires et de lâcher prise. Et Blue a acter Blue incarnée dans l image. Nous verrons bientôt de quels mots et quels sons la vêtir.
Écrit par : laure k | 15/03/2013 

C'est pas évident de laisser aller un cri primal au sommet de quelque chose. Je me souviens de l'acteur français, Vincent Lindon, c'est la scène la plus difficile qu'on lui a demandé de faire, a-t-il révélé en entrevue. Les bras en croix justement. Seule différence, c'était un cri de joie. C'est aussi difficile, d'après moi. C'est un peu comme l'amour et la haine qui se rejoignent au fil d'arrivée du cercle.
J'imagine que cette vidéo a été conçue pour qu'on la voit un jour. Je veux dire, ailleurs que dans notre tête.
Écrit par : Venise | 15/03/2013 

Ah, formidable ! ça fait du bien, hein ? le résultat, connaissant la Moussaillonne, doit être plus qu'à la hauteur. :)
Écrit par : anne des ocreries | 16/03/2013 

@Venise
il est entendu qu il ne s agit pas d images vouées a l ombre. Il y a aussi un script derrière.
Certes redigé dans un état d urgence et découpé en plans et previsions de tournages sur les 2 heure séparant nos villes. Mais il ne s agit pas tant de cela que de matière â puiser sur le terreau d un monticule symbolique et de la transformer de l amener en soi. Cette scène a beau etre visuellement puissante ( emmener Blue sur un horizon loin de la ville je n en reviens toujours pas... ) je suis presque persuadée que ce n est pas cette image la plus étonnante. Même si c est elle qui a initié le mouvement ( urgemment rédigé dans la
caravane des Ocreries la senaine dernière).
C est en réalité l éclat d un pocessus de quatre années entière, d une amitié renouvellée sans cesse. Je n en reviens toujours pas. Je rentre vite a Paris pour tout sauvegarder.
Écrit par : laure k | 16/03/2013

L'ordinaire qui devient extraordinaire.
L’extraordinaire qui devient ordinaire.
Entre les deux mondes, il y a un lieu où fourmillent des million de détails que je trouve fascinants, beaucoup plus que les deux états en eux-même. C'est là, que se situe la caverne d'Ali-Baba. Enfin pour moi. ;)
Écrit par : La Rouge | 16/03/2013

@ Venise:
Non, ce n'est pas évident, pas plus que de laisser une personne filmer son âme dans une intimité émouvante et à fleur, il faut beaucoup de confiance entre les protagonistes...
Ailleurs que dans ta tête, certainement, c'était la première étape!!
Écrit par : helenablue | 16/03/2013

@ anne:
Hier soir nous étions rincées l'une et l'autre après cette journée riche en émotions. Notre concentration était intense!
Et oui! ça fait le plus grand bien...
Écrit par : helenablue | 16/03/2013

@ La rouge:
Oui, et c'est cette vie en conscience, cette attention à tout ce qui se passe et qui nous traverse qui est importante, je pense...
Écrit par : helenablue | 16/03/2013

le cerveau c'est un peu comme l'ordi, de temps en temps il faut faire une balayage/nettoyage de choses plus ou moins anciennes pour éviter le bug
Après on se sentt plus léger, prêt à repartir, il faut juste comprendre pourquoi c'était là? avant de cliquer sur "effacer"....
Écrit par : alex | 16/03/2013

@ Alex:
:-)
Non, je ne crois pas que le cerveau soit justement comme un ordi même s'il en présente certaines caractéristiques communes! Il ne suffit pas d'un bon formatage pour que tout aille mieux et remarche comme sur des roulettes! C'est ce que pensaient certains avec les électro-chocs!
Balayer, nettoyer, mettre à la corbeille, ça fait rêver comme ça, on se dit que c'est la solution pour être mieux, mais ça n'est pas la bonne. L'oubli ne se décide pas et l'oubli n'est pas définitif... Je vois plutôt le cerveau comme une maison avec un grand nombre de pièces, celle où l'on passe le plus clair de son temps, qu'on range, qu'on aère, qu'on arrange d'un bouquet de pivoines ou de roses du jardin, qu'on parfume d'un bougie à l'encens ou au foin, qu'on fait vivre avec des cris d'enfants, des discussions entre amis, de la musique de chambre ou de jazz ou de fado. Une pièce où l'on cuisine, où l'on s'ébruite, où l'on communique, où l'on partage. Il y en a d'autres dans cette grande maison, il y a la pièce d'eau où l'on se lave, où l'on se pare , où l'on se prépare. Il y a celle du sommeil, des rêves, des plaisirs de la chair et puis l'autre, celle où l'on pense, panse, écrit, trie, s'intériorise. Et puis il a celles où l'on va beaucoup moins. Celle où l'on accumule papiers, secrets, bibelots, dessins, boîtes, chiffons, vieux jouets, photos. Cette pièce là, on la nettoie jamais, une fois tous les deux ou trois ans on y passe une journée à se rappeler et pleurer le temps qui passe. Parfois elle nous revient en mémoire furtivement au cours d'une discussion, au détour d'une pensée, et c'est plutôt doux. Il en reste une ou macèrent nos regrets, nos coups bas, nos violences, nos traumas, des pans entiers de notre enfance. Celle là, on n'en a pas la clef, on sait pas quand elle s'ouvre, ça peut venir n'importe quand, on ne peut pas l'oublier ni la détruire, elle a quatre murs porteurs, elle fait partie de l'ossature de la bâtisse...
Écrit par : helenablue | 17/03/2013 


J'ai été pendant trois années infirmière bénévole à Lourdes, j'y allais deux fois par an pendant les vacances, j'avais entre quatorze et dix-sept ans. C'est une période de ma vie qui m'a beaucoup marquée. Je n'avais jamais auparavant vu autant de solitudes, autant de gens meurtris dans leur chair, autant de vies ébranlées et autant de besoin d'être aimés et écoutés. J'ai fait comme j'ai pu, maladroite, parfois submergée par ce que je voyais, ce que je ressentais. Deux personnes m'ont plus marquées que d'autres, une jeune fille de mon âge qui en était à sa troisième tentative de suicide et qui ne croyait plus en rien, n'avait plus envie de rien, et était en prise avec une souffrance indicible devant laquelle on se sent si impuissant... Je souris par ce qui lui arrachait chaque fois un sourire c'était quand je faisais le pitre pour elle et que je lui jouais la star imbue d'elle-même avec un grand boa à plumes noires imaginaire! Une autre, elle s'appelait Cécile, été née sans jambes. C'était comment dire, inimaginable dans ma carte du monde... Elle vivait de rien, sa joie était de partager son amour de la poésie, c'est par elle que j'ai découvert Eluard!
Voilà encore l'effet tiroir de ce genre de conversations. Je suis restée très longtemps en relation avec elle, nous correspondions. Quand j'ai été reçu à ma première année de médecine, je voulais être psychothérapeute, elle m'avait envoyé un livre d'écrits de femmes en prison, je m'en souviens encore, tant la souffrance exprimée était intense et l'espoir aussi, cet espoir d'être entendu, d'être compris entre les lignes...
Oui, il y a toujours une porte ouverte au bout de la nuit...Je le crois aussi...
Écrit par : helenablue | 17/03/2013 


Que pourrais-je rajouter, sans gâcher la sauce?
Le regard est un grand sujet.
J'ai le mot prendre qui me turlupine, qui flotte. Prendre en laissant intacte. C'est être à l'écoute de la vie. C'est aimer. Dans les photos de Henri Z. c'est ce que je retrouve comme dans les mots de Caillois.
Écrit par : La Rouge | 17/03/2013 

Certains terrils, les plus anciens "brûlent lentement de l'intérieur"...
Faire en sorte que cette matière brûlante soit ré-utiliser ne m' a pas parût symboliquement incongru.
Blue a sû faire ça.
Écrit par : Laure K. | 17/03/2013 


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